Vision de l'enfant

Myopie évolutive chez l'enfant : ce que les données cliniques 2026 nous apprennent

Enfant passant un dépistage visuel chez le spécialiste
En bref

Les données cliniques présentées en 2026 montrent que les verres freinateurs de nouvelle génération (Stellest 2.0) et les lentilles journalières en silicone hydrogel dédiées (MyDay MiSight) ralentissent significativement la progression de la myopie chez l'enfant. Ces solutions ne remplacent pas le suivi médical, mais constituent des outils à envisager dès que la myopie est diagnostiquée et évolutive.

La myopie évolutive de l'enfant : un enjeu de santé, pas seulement de vision

Quand un enfant devient myope, la première réaction est souvent de corriger sa vue pour qu'il voie bien au tableau. C'est nécessaire — mais insuffisant. La vraie question, dans de nombreux cas, est de savoir si la myopie va continuer à progresser. Car une myopie forte à l'âge adulte n'est pas une simple commodité perdue : elle augmente le risque de décollements de rétine, de glaucome et d'autres pathologies oculaires sérieuses à long terme.

C'est pourquoi, depuis quelques années, des solutions dites « freinatrices » ont été développées : des verres et des lentilles qui corrigent la vue et envoient un signal optique destiné à ralentir l'allongement de l'œil — mécanisme physique à l'origine de la progression myopique. En 2026, de nouvelles données cliniques précisent pour la première fois, avec rigueur, dans quelle mesure ces solutions fonctionnent.

Stellest 2.0 : les premiers résultats de l'étude contrôlée comparent les deux générations

Le verre Essilor Stellest, disponible en France depuis 2021, intègre des microlentilles hautement asphériques (technologie H.A.L.T.) disposées en anneau autour de la zone de vision centrale. Ces microlentilles créent un volume de lumière défocalisée en avant de la rétine, censé signaler à l'œil de ralentir son élongation.

Une deuxième génération, commercialisée en France depuis janvier 2026 sous le nom Stellest 2.0, renforce ces caractéristiques : la puissance et l'asphéricité des microlentilles ont été augmentées, ce qui porte la profondeur du signal lumineux de 0,7 mm à 1,6 mm — soit plus du double — et le place plus en avant de la rétine, à environ 2,3 mm.

Pour évaluer ce gain, Essilor a conduit un essai clinique randomisé, contrôlé en double insu, avec protocole croisé et controlatéral : 50 enfants ont porté simultanément un verre Stellest de première génération sur un œil et un Stellest 2.0 sur l'autre, pendant 12 mois. Les résultats, présentés en mai 2026 au 132e congrès de la Société Française d'Ophtalmologie (SFO), montrent :

Par ailleurs, une étude américaine multicentrique présentée au congrès ARVO 2026 (Denver) portant sur neuf centres et un suivi de deux ans a confirmé, avec les verres Stellest de première génération, une progression myopique de 0,25 D en moyenne chez les enfants équipés, contre 0,90 D avec des verres unifocaux classiques, soit un ralentissement de 71 %. Et une étude sur sept ans conduite en Chine montre que l'effet freinateur se maintient dans la durée, les verres continuant à ralentir la progression lors de la septième année de port.

Ce que ces chiffres signifient concrètement

Il est important de lire ces résultats avec nuance. L'élongation axiale mesurée en millimètres peut sembler abstraite, mais elle représente la croissance physique de l'œil : plus l'œil s'allonge, plus la myopie progresse et plus les risques pathologiques à long terme augmentent. Ralentir cette élongation, même partiellement, a donc une valeur clinique réelle — indépendamment du niveau de confort visuel immédiat. Ces données ne valent pas promesse de résultat pour chaque enfant, mais elles précisent, pour la première fois sur cette génération de verres, l'ordre de grandeur de l'effet attendu.

MyDay MiSight : une lentille freinatrice qui passe au silicone hydrogel

Dans le même mouvement, CooperVision a lancé en France à partir du 4 mai 2026 une nouvelle génération de sa lentille de contrôle myopique : la MyDay MiSight 1 day. Elle succède progressivement à la MiSight 1 day en hydrogel, commercialisée depuis 2018 et qui avait démontré son efficacité dans plusieurs études sur plusieurs années.

La principale évolution est le changement de matériau : la nouvelle lentille est fabriquée en silicone hydrogel (le matériau stenfilcon A, avec la technologie Aquaform). Ce changement n'est pas purement esthétique : le silicone hydrogel est nettement plus perméable à l'oxygène que l'hydrogel classique, ce qui améliore l'oxygénation de la cornée, notamment pour les enfants qui portent leurs lentilles de longues heures chaque jour — condition essentielle à l'efficacité de la solution.

Le design optique ActivControl, responsable de l'effet freinateur, est identique à celui de l'ancienne génération : deux zones de correction alternées qui créent simultanément une image nette et un signal de défocalisation périphérique. La lentille reste journalière à usage unique, ce qui simplifie l'entretien — un facteur de compliance important chez les jeunes porteurs.

Deux approches complémentaires, une même logique

Verres et lentilles freinateurs ne s'opposent pas : ils répondent à des profils différents. Certains enfants, selon leur âge, leur correction, leur mode de vie ou la préférence familiale, seront mieux accompagnés par des verres ; d'autres par des lentilles. Dans les deux cas, l'efficacité reste conditionnée au temps de port quotidien — les études publiées en 2026 indiquent un port supérieur à 13 heures par jour en moyenne chez les enfants suivis. Un port partiel réduit l'effet attendu.

Ce que cela change dans l'accompagnement en boutique

Ces nouvelles données cliniques ne changent pas les règles de prescription — la myopie reste diagnostiquée et suivie par l'ophtalmologiste, qui détermine si une solution freinatrice est justifiée et l'indique sur l'ordonnance. En revanche, elles renforcent la légitimité du dialogue entre l'opticien et les parents : derrière le choix d'un verre ou d'une lentille freinatrice, il y a désormais des données publiées, dans des revues et congrès de référence, qui permettent d'expliquer concrètement ce qu'on peut en attendre — et ce qu'on ne peut pas garantir.

Si votre enfant est suivi pour une myopie évolutive et que vous souhaitez comprendre quelles solutions sont disponibles aujourd'hui, notre équipe au centre commercial Grand Angle est disponible pour en discuter avec vous, à partir de l'ordonnance de votre ophtalmologiste.

Questions fréquentes

Les questions qu'on nous pose le plus souvent en boutique sur ce sujet.

À partir de quel âge peut-on proposer un verre ou une lentille freinatrice à un enfant myope ?

Les essais cliniques portent généralement sur des enfants de 6 à 14 ans. L'ophtalmologiste détermine si la myopie est évolutive et si un équipement freinateur est justifié. L'opticien intervient ensuite pour l'adaptation et le suivi du port. Il n'existe pas d'âge minimal strict, mais une prescription médicale est nécessaire.

Les verres freinateurs corrigent-ils la vue en même temps qu'ils freinent la myopie ?

Oui : les verres comme le Stellest 2.0 sont des verres unifocaux qui corrigent la vue normalement, tout en intégrant des microlentilles périphériques. L'enfant voit aussi nettement qu'avec des verres classiques — seul l'effet freinateur s'ajoute. Les lentilles journalières MiSight fonctionnent selon le même principe de double design optique.

Faut-il porter ces verres toute la journée pour qu'ils soient efficaces ?

Les études montrent que l'efficacité est liée au temps de port quotidien. Les données publiées en 2026 indiquent que les enfants de l'étude portaient leurs verres plus de 13 heures par jour en moyenne, ce qui correspond à une journée normale d'éveil. Un port partiel ou intermittent réduit l'effet freinateur.

Contenu rédigé par l'équipe ACTU EYES. Sources consultées pour cet article : Acuité – Essilor Stellest 2.0 résultats SFO 2026, Acuité – MyDay MiSight 1 day : CooperVision passe au silicone hydrogel, Opticien Lunetier – Nouveaux résultats Stellest 2.0 SFO.
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