Le ministère de la Santé travaille sur un projet d'arrêté qui supprimerait la dérogation permettant aujourd'hui la publicité pour les équipements d'optique médicale. Les professionnels sont divisés : la FNOF y est favorable, le ROF s'y oppose fermement. Aucune décision définitive n'est encore prise à ce jour.
En France, le Code de la santé publique interdit par principe la publicité auprès du grand public pour les dispositifs médicaux. Pourtant, les opticiens bénéficient depuis 2012 d'une exception à cette règle, qui leur a permis de mener des campagnes commerciales à la télévision, à la radio ou dans la presse. C'est précisément cette exception que le ministère de la Santé envisage de supprimer.
Un projet d'arrêté, présenté aux organisations professionnelles de la filière début septembre 2026, exclurait explicitement les équipements d'optique médicale — lunettes et lentilles correctrices — du champ des dispositifs médicaux autorisés à faire de la publicité auprès du public. Les aides auditives seraient soumises aux mêmes restrictions. Le texte n'est pas encore publié, mais son contenu a suffi à déclencher de vives réactions dans toute la filière.
Le 4 septembre 2026, les pouvoirs publics ont réuni syndicats d'opticiens, d'audioprothésistes, fabricants et représentants de patients autour de ce projet. La plupart des participants ont quitté la réunion avec le sentiment que les grandes lignes étaient déjà arrêtées, malgré l'intitulé « concertation ». Le débat s'est donc déporté sur la place publique, avec des prises de position tranchées et opposées.
D'un côté, le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) a vivement contesté la mesure, la jugeant inefficace sur la maîtrise des dépenses et pénalisante pour les patients comme pour la concurrence. Le syndicat rappelle qu'il porte depuis mars 2026 une charte d'engagements proposant un encadrement renforcé — sans interdiction totale — et demande au gouvernement de poursuivre le dialogue avec la filière.
De l'autre côté, la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF) a pris une position qui tranche : elle soutient la fin de la publicité commerciale en optique. Pour la fédération, supprimer les campagnes fondées sur les remises et les offres promotionnelles permettrait de repositionner l'opticien dans son rôle de professionnel de santé, plutôt que de le cantonner à une image de vendeur.
La FNOF avance que les dépenses publicitaires des enseignes représentaient environ 380 millions d'euros en 2024, soit un coût estimé à quelque 30 000 euros par magasin. Elle estime que cette charge finit par peser sur les prix. L'argument identitaire est également central : l'optique est une profession de santé réglementée, et la communication commerciale agressive brouille ce message auprès du grand public.
Le ROF conteste l'idée que la publicité serait directement responsable d'une surconsommation d'équipements. Il s'appuie notamment sur une étude réalisée en septembre 2025 par Galliléo Business Consulting auprès de 3 000 porteurs de lunettes, selon laquelle une grande majorité déclare renouveler ses lunettes avant tout pour un besoin visuel ou médical, et non sous l'influence de campagnes commerciales. Interdire la publicité réduirait, selon le ROF, la capacité des patients à comparer les offres et à s'informer.
La question de la publicité en optique est récurrente. Elle avait déjà été soulevée en juillet 2025 dans le rapport annuel Charges et Produits de l'Assurance maladie, puis des amendements allant dans ce sens avaient été déposés lors de l'examen du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales en février 2026 — avant d'être jugés irrecevables. Le projet d'arrêté de septembre 2026 constitue donc une nouvelle tentative, par voie réglementaire cette fois, de faire aboutir cette mesure.
Si l'arrêté était adopté en l'état, les campagnes télévisées ou radiophoniques vantant des offres promotionnelles sur les lunettes disparaîtraient. Seules des communications à caractère scientifique, préventif ou pédagogique resteraient autorisées, conformément à la convention nationale des opticiens en vigueur. Les affichages en vitrine ou les supports à l'intérieur du point de vente ne seraient pas concernés par la même interdiction.
Pour les porteurs de lunettes, l'impact pratique dépendrait en grande partie de la façon dont les opticiens s'adapteraient. Certains experts estiment qu'une réduction des budgets publicitaires pourrait, à terme, se traduire par une pression moindre sur les prix de vente — mais rien ne le garantit, et cet effet reste hypothétique.
Ce débat réglementaire touche directement la façon dont les opticiens communiquent avec leurs patients. Chez nous, au Grand Angle à Montreuil, nous privilégions depuis toujours une information claire et fondée sur votre besoin visuel réel, sans pression commerciale. Quelle que soit l'issue de ce projet d'arrêté, notre approche reste la même : comprendre votre situation avant de vous proposer un équipement adapté. N'hésitez pas à venir nous poser vos questions en boutique.
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Actuellement, les opticiens bénéficient d'une exception prévue par un arrêté de 2012 au principe général du Code de la santé publique, qui interdit la publicité pour les dispositifs médicaux auprès du grand public. Cette exception leur permet de diffuser des campagnes commerciales, sous réserve de ne pas inciter à une consommation non médicalement justifiée.
Les lunettes et lentilles correctrices ne pourraient plus faire l'objet de publicités à la télévision, à la radio ou dans la presse grand public. Seules des communications à caractère scientifique, préventif ou pédagogique resteraient autorisées. Les promotions et offres commerciales diffusées en dehors du point de vente disparaîtraient.
La Fédération nationale des opticiens de France estime que mettre fin aux campagnes axées sur les remises et les promotions contribuerait à repositionner l'opticien dans son rôle de professionnel de santé, plutôt que de simple vendeur. Elle avance également un argument économique : les dépenses publicitaires des enseignes représenteraient une charge significative, répercutée in fine sur les prix.
Non. Début septembre 2026, il s'agissait encore d'un projet d'arrêté soumis à concertation. Les organisations professionnelles ont été réunies le 4 septembre, mais plusieurs d'entre elles ont estimé que les grandes lignes semblaient déjà arrêtées. La filière continue de demander un vrai dialogue avant toute publication officielle.
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